Comment favoriser la biodégradation des emballages ?
- Victor Fontaine

- Oct 29, 2019
- 3 min read
Un emballage produit à partir de matière végétale ou naturelle n'est pas toujours biodégradable. Nadia Auclair nous explique sa solution Carbiolice permettant la biodégradation complète du "plastique bio-sourcé". Elle nous livre également sa vision d'un monde plus vert.
Pouvez-vous nous expliquer le concept de Carbiolice en quelques mots ?
Nous apportons une solution lorsque la réutilisation de l’objet ou son recyclage sont limités. En effet, aujourd'hui 52% des emballages sont difficilement recyclables car ils sont soit souillés, soit multi-matériaux, soit trop fins. Pour ces emballages, les plastiques compostables sont une alternative.
Il existe notamment un plastique produit à l’échelle industrielle qui s’appelle le PLA et qui est 100% d’origine végétale. Le PLA présente toutes les propriétés pour pouvoir se substituer aux plastiques pétrosourcés pour un grand nombre d’applications. Il a également la capacité de se biodégrader mais malheureusement pas dans toutes les conditions ni dans des temps suffisamment courts pour respecter les normes de compostage. Et c’est là, qu’intervient CARBIOLICE !
CARBIOLICE a développé un additif qui permet de rendre compostables tous les produits PLA dans toutes les conditions de compostage ou de méthanisation.(...)

Un exemple pour illustrer le fonctionnement ?
Si nous prenons l’exemple d’un gobelet jetable ou d’une capsule de café ; lorsque le produit est fabriqué en PLA, on introduit l’additif développé par CARBIOLICE. Une fois le produit utilisé, il est déposé dans un composteur (soit à domicile, soit par une collecte avec les biodéchets). Il se biodégradera à 100% sans impact sur l’écotoxicité du milieu comme vos restes de nourriture.
Pourquoi avoir pris le problème de l’environnement sous l’angle de l’éco-conception ?
Je pense qu’il est important d’intégrer dès la conception de son produit les propriétés d’usage mais également la fin de « vie » du produit. Il est en mon sens, plus facile et moins couteux de gérer la collecte et le traitement en fin d’usage d’un produit lorsque cela a été conçu à son origine.
Devenir vert - la vision de Nadia Auclair :
Vos actions pour l’environnement au jour le jour (dans la sphère privée et professionnelle) ?
Eduquer, expliquer et réaliser avec mes enfants : Le tri, la réutilisation, limiter les ressources et le gaspillage.
Si vous aviez une lampe magique (avec un génie), quels seraient les trois voeux que vous demanderiez et pourquoi en quelques mots ?
Réussir : car toute notre équipe a mis son cœur et ses compétences dans le projet et que nous avons une solution réellement intéressante pour limiter la pollution plastique.
Se développer : continuer à innover et à proposer de nouvelles solutions
S’épanouir : préserver cette ambiance où chacun se retrouve dans un projet auquel il croit, qui a du sens et où le travail en équipe est le cœur de notre fonctionnement.
Bosser green signifie-t-il voter green ?
Le choix du vote repose sur un ensemble d’éléments et le programme présenté autour de l’environnement a forcément un impact.
Une loi à glisser aux oreilles de notre ministre de l’environnement ?
La création d’un organisme national pour accompagner le développement de la filière compostable : collecte des biodéchets, des déchets de jardin/agricole et les emballages compostables. Un CITEO pour le compostage et la méthanisation !!
Si vous aviez un pouvoir magique, quel serait-il et pour quoi faire ?
Le pouvoir magique serait finalement lié à ma demander précédente, un organisme fédérateur autour du compostage pour mettre en place cette filière, identifier les produits compostables et informer le public. Un chantier tel qu’un pouvoir magique serait utile !
Si vous étiez propulsé à la tête d’une grande multinationale (General Electric ou le groupe casino par exemple ), quelle serait votre première action “verte” ?
Lutter contre le sur-emballage.
Une question à poser à la personne de votre choix ?
Ministère de la Transition écologique => Pourquoi les acteurs industriels qui proposent un emballage alternatif au plastique, totalement biosourcé, biodégradable et compostable à base de PLA, sont "surtaxés à 100%" par l'État ?
Pour être plus précise, je reprends l’exemple de la société française YUMI qui propose des produits dans un emballage PLA. Ces entreprises sont soumises à un malus de 100% de leur eco-contribution car leur produit compostable est considéré comme un "perturbateur de recyclage".
Il y a une aberration à ne prôner que le recyclage ? Pour certains emballages, le compostage à plus de sens d’autant qu’il vient en complément de la directive européenne sur la collecte des bidoéchets… Ce point est un frein majeur au développement de solutions eco responsables surtout quand on sait que seule le produit en base de PET est recyclé. Pourquoi se priver de solutions complémentaires ?
Merci à Nadia d'avoir pris le temps de répondre à ces questions,
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